N2 : Rueil et la Tour Blanche font jeu égal.

La saison a donc repris ce dimanche 17 octobre, nous l’entamons par un match au pronostique incertain face au club de la Tour Blanche (Paris 20ème). Notre équipe, nouvelle promue à ce niveau, ne fait plus figure de favorite, bien au contraire. Nous aurons beaucoup de défis à relever cette année pour nous maintenir (et nos coeurs sont vaillants !).
Le résultat final, un match nul 2 à 2, est satisfaisant même si l’équipe de la Tour Blanche est un de nos rares adversaires réellement à notre portée cette année.

A l’avant, nous avons trois premiers échiquiers où la partie est équilibrée sur le papier. J’espère marquer des points sur les échiquiers 4 à 6 où nous avons des joueurs plus forts d’une centaine de points élo chacun, tandis que le match pourrait être difficile pour l’arrière-garde où la Tour Blanche est clairement favorite.  

Comme d’habitude, rien ne se passe comme prévu, c’est la vie !
Olivier Guigon au 6ème échiquier, passe à côté de sa partie. Dans la position suivante, et après la capture d’un fou en b6, il réfléchit un moment pour décider avec quel pion reprendre et joue…  

Noirs au trait

 1…cxb6?
Une erreur. Olivier a voulu améliorer sa structure en se débarassant des pions doublés mais il doit absolument jouer 1….axb6. En effet le pion c7 a une mission importante : garder la case d6 ! Je ne suis pas tout-à-fait certain des coups joués ensuite, mais après quelques coups, sa position ressemblait à la suivante :  

  

La case d6 est devenue un avant-poste de rêve pour le cavalier d4, tandis que le fou blanc en f3 va tourmenter son homologue après la poussée c2-c4. Bref, Olivier s’est défendu, mais rien à faire, on encaisse une défaite.  

C’est de Mathilde que viendra la bonne surprise. Alors que nous attendions une défaite claire (elle devait jouer Nicole Tagnon, 1950 élo et ancienne championne de France), elle se retrouve finalement avec les noirs face à une jeune femme classée 1580, peut-être à sa portée.
Après une bonne ouverture et un milieu de jeu plus hasardeux, elle subit un peu le jeu de son adversaire, dans une anglaise où un cavalier blanc bondit de b5 en d6, attaquant un peu partout. Mathilde réussit à se défendre, et même à échanger le vilain canasson. Restant avec une tour, un fou de cases blanches, et tous ses pions sur l’autre couleur (cela devient prometteur). Son adversaire possède encore l’initiative grâce à sa tour placée sur la seule colonne ouverte, et entre dans la position de Mathilde, obligée encore de se défendre. Mais après la centralisation de son roi, la tour doit battre en retraite, et sur une erreur tactique de la parisienne, notre féminine gagne une qualité et la partie. Nous voilà à 1 partout !  

J’ai pour ma part une partie facile avec les noirs, face à un joueur qui me rend une centaine de points élo. Dans une Sicilienne Dragon avec petit roque blanc que je connais bien, je pseudo-sacrifie une pièce pour égaliser et obtient immédiatement l’avantage sur une bourde des blancs. C’est donc avec une excellente position, un pion de plus et aucune faiblesse, que je décide de gagner « avec panache »… Sacrifiant mon pion d’avance, j’offre à mon adversaire un placement idéal de ses pièces et me retrouve dans une position complètement égale, où tentative de gain rimerait avec prise de risque mortelle. Un beau gâchis, qui m’oblige à proposer le match nul.  

Rodolphe a joué une belle partie, obtenant un grand avantage positionnel avec un bon cavalier contre un fou comateux. Une belle perf’ puisque son adversaire est classé 120 points au dessus de lui ! Malheureusement un grand zeitnot (2 minutes pour jouer 13 coups) va le forcer à jouer un échec perpétuel, dans une position devenue moins sûre.  

Bertrand est notre deuxième buteur, il joue une partie stratégique (Fou en g2, pion en c4, centre fermé, etc) et prend un grand avantage positionnel grâce à la case d5, où il postera un cavalier surpuissant. Son adversaire n’en démord pas et rentre dans les complications tactiques.
Bertrand y échange une qualité contre deux pions et joue très bien, jusqu’à une finale gagnante que voici (de mémoire) :  


Les 2 pions passés vont faire tourner la tête des noirs, il n’y a pas de défense efficace.  

   

Nos deux premiers échiquiers, Jorge Santamaria et Frank Gouanelle, ont assuré deux solides nulles. Jorge est même passé très près de la victoire avec un cavalier bien plus fort que les fous de son adversaire (très fort, classé à 2205 élo). Il finira avec deux pions de plus, mais les fous de couleur opposée ne lui permettront pas de concrêtiser. C’est dommage, mais très bien joué tout de même. Frank a de son côté souffert un peu plus, mais a joué une partition sérieuse, son adversaire a tout tenté mais notre boxeur au deuxième échiquier a encaissé les coups sans faiblir.

Jorge, tentant de toutes ses forces de convertir son avantage.

Reste le pauvre Jean Lucas, qui a obtenu une position très intéressante et qui lui sied à merveille, une finale (domaine dans lequel il excelle). Mais après avoir refusé la nulle par répétition de coups, il a peut-être trop tenté de « forcer » et doit défendre une finale Tour+Pion désespérée. Après sa défaite, le match se conclut par une égalité 2 à 2. On peut avoir quelques regrets avec les parties de Jean, moi-même et Rodolphe, mais nous ne sommes pas non plus passés près de la déroute (je pense notamment aux échiquiers 7 et 8 de Rodolphe et Mathilde). 

  

Après une bonne partie d'échecs, quoi de mieux qu'un chapitre de Dostoievski pour digérer ?